Philippe-CHITARRINI
Plasticien
MARSEILLE
France
Dernière connexion le : 03/07/2014
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Biographie

PRÉSENTATION (CV et références) :
Philippe CHITARRINI, né le 27 mars 1969, vit et travaille en France à Bourg Saint-Andéol et Marseille.
Etudes : Formation en Biologie cellulaire à l’université de Grenoble - Maîtrise dʼArts Plastiques - Maîtrise dʼHistoire de lʼArt - DEA Lettres et Arts à l’université des sciences humaines d’Aix-en- Provence.
Enseignant en pratique et histoire de l’art.

EXPOSITIONS (sélection) :
2002 : Résidence d’artiste, Centre d’Art Contemporain de Cardet
2004 : Participe au projet Team 404 Yellow Pages de John Armleder
2005 : Exposition personnelle GP1, Espace Ecureuil Rhône Alpes
2005 : Happening RDDV, Vernissage de la Biennale dʼart contemporain de Lyon
2006 : Exposition personnelle GP2, Château Pradelle, Rhône Alpes
2006 : Exposition avec Olivier Mosset, Centre dʼArt Contemporain de St-Restitut, sur une proposition d’Annie Delay
2007 : Exposition personnelle GP3, Centre dʼArt et dʼHistoire, Rhône Alpes
2008 : Exposition personnelle Venezia Dream, Venise
2009 : Finaliste du concours photo MJA de Toulouse
2009 : Exposition personnelle Gorgônion Point 4, VIP Art Galerie, Marseille
2009 : Exposition avec V. Novarina et J.L Parant, ...de la nuit des temps, Galerie du Passage de lʼart, Marseille
2010 : Exposition avec Frédéric Clavère, Galerie Bonneau-Samames, Marseille
2010 : Salon du dessin contemporain “Chic Dessin” avec la VIP Art Galerie, Paris
2010 : Exposition commune “La mort et la dérision”, Aix-en-Provence
2010 : Exposition personnelle GP5, VIP Art Galerie, Marseille
2010 : Art Elysée avec la VIP Art Galerie, Paris
2010 : Supervues, Hôtel Burrhus, représente le CAC de St Restitut, Vaison-la-Romaine 2011 : Exposition commune Galerie of Marseille, Marseille
2011 : Art Paris - Grand Palais, avec la VIP Art Galerie, Paris
2011 : Duo show avec Nathalie Pargoire, “L’ange de la connaissance”, Gréasque
2011 : Vente aux enchères public, Chic Art Fair - Rotary Club, Paris
2011 : Installation in situ Vision figée, Parc naturel des Gorges de l’Ardèche
2011 : Christmas Art Fair avec la VIP Art Galerie, Marseille
2012 : Exposition collective Artiste Insecte, La Ferme des Arts, Vaison-la-Romaine
2012 : Art Paris Art Fair - Grand Palais, avec la VIP Art Galerie, Paris
2012 : Nuit européenne des musées, Collection Louis Gauthier, Sainte-Cécile-les-Vignes
2012 : Fingerprint's Obsession (Printemps de l'Art Contemporain) - VIP ART Galerie - Marseille
2012 : Art on Paper, Bruxelles
2012 : Résidence d'artiste au CUBE, Valaurie
2012 : "inventaire", le Hang'Art, Grenoble

PRÉSENTATION GENERALE DU TRAVAIL :

CHITARRINI : BLOW UP
On pourrait définir le terme «blow up» par agrandissement. Tout le travail de Philippe Chitarrini consiste en l’utilisation singulière de cet effet. Et les similitudes avec l’oeuvre cinématographique éponyme de Michelangello Antonioni ne s’arrêtent pas là...

Si Philippe Chitarrini réalise ses oeuvres avec une facture totalement impersonnelle, elles n’en restent pas moins immédiatement identifiables. Articulées sur un vocabulaire formel apparemment réduit - géométrie organique et aplats de couleurs étales - elles se caractérisent par des formes extrêmement minimalistes et des supports multiples.

Utilisées tantôt comme processus, tantôt comme motif, l’empreinte constitue le coeur de son travail. Véritable marque de fabrique aux aspects très variés, l’empreinte élimine toute recherche formelle de sa pratique pour ne la réduire qu’à des choix (agrandissements, recadrages, multiplications, fragmentations... ), tout en l’ancrant irrémédiablement dans la réalité. Lorsque cette empreinte est digitale - trace unique et caractéristique d’une personne - elle lui permet d’aborder la problématique de l’identité de manière atypique. Ces fragments d’abstraction aux couleurs souvent binaires déposées en aplats soulèvent alors la question de l’identité, de la mémoire et de la perte (trace d’un corps qui s’est absenté). A travers sa grande série consacrée aux artistes plasticiens, Philippe Chitarrini va plus loin en produisant un art qui parle de l’art, de ses représentants et de son histoire.

En superposant, dans une autre série, un fragment agrandi d’empreinte digitale négative d’une personne à un portrait photographique de cette même personne, il nous confronte à une image paradoxale. Un portrait illisible (ou presque) et énigmatique, pourtant réalisé à partir de deux images (la photo d’identité et la trace biométrique) qui servent communément à identifier au mieux un être humain.

Ce principe de dessin par retrait de matière - ce passage au blanc qui vient perturber notre perception du motif déjà difficile - se retrouve dans ses nombreux collages, dans lesquels les formes naissent sous l’action de la découpe au scalpel, mais également dans ses sculptures métalliques ou ses monolithes de marbre évidés au Laser. Si le dessin par évidement renforce la sensation de perte, d’absence ou de disparition, déjà inhérente à l’empreinte (trace d’une présence devenue absence), ces sculptures, et par extension l’ensemble de son travail doit se lire avant tout comme une oeuvre optimiste, chargée d’énergie.

Ce jeu sur la perception et l’apparence se retrouve également dans ses «fragments reflets» conçus avec des miroirs ou des supports aluminisés ou chromés. Le reflet du spectateur et de l’environnement ajoute une part de trouble à la lecture de l’oeuvre. Sous l’action conjointe de la lumière, des reflets et de la couleur, le motif de l’empreinte finit par dématérialiser le support, se dématérialiser lui-même et par brouiller la perception spatiale du volume en le ramenant tantôt à un plan, ou en l’éclatant en de multiples fragments bidimensionnels.

En jouant avec beaucoup de subtilité sur les matières et les matériaux, Philippe Chitarrini revisite à sa façon le monochrome dans ses séries baptisées «Visible/Invisible» (peintures et sculptures), où le motif n’apparaît que sous un certain angle de vision.

Le dessin occupe également une part très importante dans son travail. Il est même à la base de toutes les créations. Essentiellement réalisé à l’encre noire et au Rotring sur des formats pouvant atteindre de très grandes dimensions, il constitue la première phase d’étude des empreintes et des traces. Ses dessins révèlent ce que ses peintures ou ses sculptures, sous l’effet blow up, ne peuvent s’empêcher de cacher ou de faire disparaitre : la source de son répertoire de formes. Faisant référence aux grains de matière organique qui composent la structure de ces empreintes observées au microscope, Chitarrini dessine le plus souvent ces dernières par accumulation de petits cercles noirs.

Il reprendra ce procédé dans ses «fragments pétrifiés», dans lesquelles les petits cercles noirs des dessins seront remplacés par des billes de terre cuite ou par des éclats de pouzzolane. Philippe Chitarrini part d’une base préexistante (moulages de crânes, de coquillages, de branches...) qu’il recouvre de matière en reprenant, dit-il, «le processus de fossilisation qu’opère la nature sur certains organismes vivants». Comme pour les peintures, pas de création proprement dite de forme, mais des choix réalisés sur des fragments de réalité. Afin d’entretenir encore davantage l’ambiguité entre les deux modes (peinture et sculpture), il appliquera en retour son principe de pétrification à des tableaux, et ses peintures organiques abstraites sur certains volumes (série des «pierre»).

D’une grande cohérence plastique et théorique, le travail de Philippe Chitarrini échappe à toute les catégories et à toutes les classifications. Ses oeuvres conçues avec rigueur, justesse et une grande économie de moyens, demeurent abstraites si l’on n’en connait pas le point de départ. Même s’il lève le voile sur ses sources - les empreintes digitales - il n'y a pas lieu pour autant d'essayer de débusquer à tout prix un motif originel dans le réel. Sa démarche n'est certes pas naturaliste. Elle est bâtie sur la création d'une réalité destinée à s'intégrer comme telle dans une autre réalité visuelle, celle-ci plus vaste et moins organisée. Et c'est sans doute ainsi que ses couleurs et ses motifs ont une identité concrète et que la frontière entre le mode sculpture et le mode peinture est pour lui définitivement brouillée.

Rebecca Cohen
(Docteur en Histoire de l’Art - Agrégée de philosophie) - 2012

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